Pourquoi nos certitudes nous trompent ?

Nous nous sommes déjà vu il me semble! Mon livre "Les bases pour convaincre un auditoire", est disponible gratuitement pour vous. Vous y trouverez les secrets de ceux qui savent impacter un public par la seule force de la parole. cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement !

Dans un conflit, chaque partie prenante aime à croire que son point de vue est le vrai. Pourtant, nous sommes souvent dans l’impossibilité de connaitre tout ce qu’il y a à savoir sur un sujet pour prétendre à un point de vue holistique. Alors : pourquoi nos certitudes nous trompent ?

Quelques citations à méditer :

Coluche disait « l’intelligence est la chose la mieux répartie chez l’homme, parce que quoi qu’il en soit pourvu, il a toujours l’impression d’en avoir assez, vu que c’est avec ça qu’il juge ! »

Aristote disait « L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. »

Et Schopenhauer « Peu de personnes savent réfléchir, mais tout le monde veut avoir une opinion » et aussi « Le Vulgus a beaucoup de bêtises dans le crâne, et cela prendrait trop de temps que d’y remédier »

Il semble bien qu’un peu d’humilité ne soit pas superflu pour se pencher sur un pan très documenté des sciences sociales.

Les biais cognitifs.

Un biais cognitif est un mécanisme de notre cerveau qui nous fait prendre une décision erronée. Les connaitre améliore nos chances de faire de bon choix. L’origine de ces biais peut être cognitive ou motivationnel. Nous mettons parfois notre objectivité de coté au profit d’une interprétation qui nous est plus favorable. C’est ce qui nous permet de nous voir sous un jour positif et de concevoir une image favorable de nous-même.

Plus une situation est complexe et/ou dans l’urgence d’y répondre rapidement, plus nous sommes susceptibles d’émettre des jugements faussés, tout en ayant la certitude de la pertinence de notre point de vue.

Effet Dunning-Kruger

Tendance pour une personne peu qualifié à se croire compétente.

Supériorité illusoire

Effet par lequel nous surestimons nos capacités et qualités par rapport à nos semblables.

Illusion de savoir

Penser que l’on a la réponse à un problème, au motif que la situation nous semble similaire à une situation dont on connait la solution.

Biais de somme nulle

En partant du présupposé qu’un désaccord engendre une résolution avec un gagnant et un perdant, nous cherchons une solution gagnant-perdant au lieu de gagnant-gagnant.

Biais de confirmation d’hypothèse

Il consiste à chercher les preuves qui confirment ce que l’on pense. En effet cette recherche est privilégiée par l’individu car peu coûteuse cognitivement. En plus, elle alimente un cercle vicieux car : en confirmant ce que l’on pense nous ne remarquons plus ce qui contredit notre théorie, et donc il nous parait encore plus légitime de penser ce que l’on pense.

L’erreur fondamentale d’attribution

Attribuer aux autres la responsabilité de leurs erreurs et à des causes extérieurs l’origine de leurs réussites.

Heuristique de disponibilité

Établir son raisonnement sur la base des informations qui nous sont immédiatement disponibles.

Le biais d’autocomplaisance

S’accorder la responsabilité de ses réussites et estimer que la cause de ses échecs provient d’une cause extérieure à soi.

Effet retour de flamme

Tendance à renforcer ses croyances lorsque celles-ci sont mise à mal par un interlocuteur.

Et un dernier pour la route !

La tache aveugle

Voir les biais cognitifs chez les autres mais surtout pas chez soi.

Voilà donc plusieurs raisons pour lesquels nos certitudes peuvent nous tromper. Ces biais viennent de ce que le cerveau humain cherche à économiser ses ressources cognitives. Et, comme globalement ces biais nous sont utiles et sont efficaces, nous ne les remettons pas en cause. Alors nous sommes certains de ce que l’on pense et notre interlocuteur aussi.

Les émotions nous guident

Ajoutez à cela que notre raison sert à justifier nos choix et non à les produire (voir mon article sur les mécanismes de la décision), et vous avez deux ingrédients essentiels qui peuvent nous conduire dans la médiocrité la plus banale. Ne voyez pas dans mes propos une quelconque condescendance, je me considère comme le « Vulgus » de Schopenhauer, la « Massa damnata » de St Augustin ou encore le Pékin moyen de notre parlé contemporain.

Je ne peux résister à vous proposer cette citation de Socrate « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».

Photo de Haut Risque sur Unsplash

Au sujet de l’étendue de nos connaissances, il est relativement simple de considérer l’étendue de nos connaissances. Mais il est impossible de considérer l’étendue des connaissances que l’on n’a pas.

L’intelligence

Un jour au détour d’une discussion, je demande à un de mes amis sa définition de l’intelligence : il la verrait comme « la capacité à trouver et comprendre ce qui est vrai ».

Personnellement, je verrai l’intelligence comme étant « la capacité à comprendre et à prévoir ».

Voici quelques traits de personnalité régulièrement attribué aux gens intelligents :

  • – Doutent beaucoup (parfois d’eux même), ne tiennent pas pour définitivement acquis ce qu’ils savent
  • – Cernent les gens vite et bien
  • – Sont résilients
  • – Ils sont « là mais pas là », un peu lunatiques ou inconstants, ils sont complexes
  • – Lassés de la futilité des conversations ordinaires et découragés par ce qu’ils voient de la vie
  • – Analysent beaucoup, posent beaucoup de question (à eux même comme aux autres)
  • – Curieux de tout, émerveillé de tout ce qu’ils peuvent apprendre
  • – Réfléchissent non-stop, pensent beaucoup
  • – Capable de s’adapter

Kant disait « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitude qu’il est capable de supporter ». Alors peut-être pourrait-on rajouter à la liste : les personnes intelligentes reconnaissent la limite de leur savoir.

Et vous, quelle est votre définition de l’intelligence ?

Quoi qu’il en soit, il semblerait bien que le doute augmente avec la connaissance, que la confiance en soi permet de développer ses compétences et que l’écoute soit corrélée à l’intelligence. (Et d’ailleurs je me rends compte que je n’écoute pas toujours les autres :-D)

Alors connaissance et intelligence sont deux ingrédients essentiels pour avoir un point de vue éclairé sur une situation. Mais entretenir l’humilité, nous aide à ne pas être aveuglé par notre ego.

Ce que je crois, c’est que prendre conscience de ce qui nous leurre, nous aide à faire de bons choix. Et que savoir ce qui guident les choix des autres, permets de les guider. Pour le meilleur… et pour le pire…

Merci de m’avoir lu.

Pierre-Favre Bocquet

Sources

https://www.usabilis.com/definition-biais-cognitifs/

https://fr.quora.com/Quels-sont-les-traits-communs-des-gens-tr%C3%A8s-intelligents

 

 

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

8 commentaires pour “Pourquoi nos certitudes nous trompent ?

  1. Coucou Pierre-Favre,
    Effectivement, plus on explore et on découvre de nouvelles choses, plus l’on se rend compte que l’on n’a qu’une vision partielle de ce qui nous entoure et donc de la vérité.
    Pour éviter de me laisser leurrer par mes certitudes, j’essaie régulièrement d’échanger avec des personnes qui n’ont pas forcément la même opinion que moi sur un sujet. Un vrai exercice d’écoute et d’humilité. Je sais que je peux très vite me faire avoir par le biais de confirmation d’hypothèse alors je suis prudente.😊
    Je dirais que l’intelligence c’est effectivement la capacité à comprendre, à prévoir et aussi à agir malgré les doutes et les incertitudes.

    1. Yep! Échanger avec les gens qui ne pense pas pareil c’est vraiment enrichissant! Je lisait il y peu une phrase du genre “Si tu es en conflit avec quelqu’un cela fait une raison de plus de déjeuner avec lui”

  2. Tous ces biais ! Merci pour cet éclairage qui m’a fait sourire. J’avais l’impression de me reconnaître (parfois).
    Mon truc est de me dire que l’autre à AUSSI une raison de penser comme il pense, et qu’elle est aussi valable que la mienne.
    Je n’ai jamais oublié une question que mon frère m’a un jour posée, et que j’ai utilisée aussi à mon tour avec mon fils et quelques amis : “Que veux-tu ? faire avancer le schmilblick ou avoir raison ?”
    Le gagnant-gagnant entre petit à petit dans mes moeurs, mais il y a encore du boulot !

  3. Oui c’est une question de vision. Avoir l’esprit ouvert permet de grandir et de comprendre le point de vue de l’autre. Après qu’est ce qui est important? …. Moi, je ne combats plus pour ce qui n’est pas important selon mes valeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *